
Monnaie à Bali : roupie indonésienne, taux de change et paiement
La roupie indonésienne (IDR) déroute au premier retrait avec ses multiples zéros. Voici comment convertir juste, payer sans se faire piéger et éviter les arnaques au change.
9 min de lecture
La monnaie officielle de Bali est la roupie indonésienne (IDR). Aucune autre devise n'a cours légal sur l'île : mieux vaut retirer ou payer directement en roupies plutôt que de se faire convertir sur place, presque toujours à perte.
- Devise
- Roupie (IDR)
- Taux indicatif
- ≈ 20 500 IDR/€
- Paiement dominant
- Cash
- Retrait conseillé
- DAB banque nationale
01Convertisseur EUR / IDR au taux réel
Le taux entre l'euro et la roupie indonésienne bouge chaque jour. Plutôt que de retenir un chiffre qui sera déjà faux à votre arrivée, utilisez le convertisseur ci-dessous : il interroge le taux de change réel et se met à jour automatiquement.
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02La roupie indonésienne (IDR), une devise à zéros
La roupie indonésienne est en circulation depuis 1946. Son code ISO est IDR, son symbole Rp, et son défaut principal pour un voyageur européen tient en un mot : les zéros. Un café à 25 000 IDR, une chambre à 800 000 IDR, un billet de train à 3 500 000 IDR, il faut quelques jours pour ne plus cligner des yeux.
Ces zéros ne sont pas un choix de design : ils viennent de la crise financière asiatique de 1997-1998, qui a fait perdre à la roupie près de 80 % de sa valeur face au dollar en quelques mois. Avant la crise, un dollar s'échangeait contre environ 2 500 IDR ; il en faut aujourd'hui six fois plus. La Banque d'Indonésie évoque régulièrement une redénomination (retirer trois zéros d'un coup, un peu comme la Turquie l'a fait avec sa livre), mais le projet traîne depuis plus de dix ans sans date fixée.
Les billets courants vont de 1 000 à 100 000 IDR (1 000, 2 000, 5 000, 10 000, 20 000, 50 000, 100 000), chacun d'une couleur et d'une taille différente pour limiter les confusions. Les pièces (100, 200, 500 et 1 000 IDR) servent surtout à l'appoint dans les supermarchés ; la plupart des petits commerces arrondissent plutôt que de les manipuler.
Un point auquel peu de guides pensent : les banques et bureaux de change indonésiens refusent souvent les billets étrangers déchirés, tachés ou trop pliés, une politique plus stricte qu'en Europe. Vérifiez l'état de vos euros avant de partir, et rendez la pareille en refusant vous-même les billets de roupie abîmés qu'un commerçant tenterait de vous rendre : ils circuleront difficilement ensuite.

Le repère qui évite de sortir la calculette à chaque achat : au taux courant, 10 000 IDR valent environ 0,50 €, 50 000 IDR environ 2,50 € et 100 000 IDR environ 5 €. Ce ne sont que des ordres de grandeur, le convertisseur plus haut donne le taux exact du jour.
03Cash ou carte à Bali : où chacun domine
Bali n'a pas encore basculé tout carte, et ne le fera pas de sitôt. Le cash est indispensable dans les warungs, les marchés, chez les chauffeurs indépendants, pour les scooters de location et pour la plupart des droits d'entrée de temples. Sortez des zones les plus touristiques et le liquide redevient la seule option.
La carte, elle, fonctionne dans les hôtels, les restaurants tournés vers les visiteurs, les supermarchés (Pepito, Coco) et les boutiques de Seminyak, Canggu ou Ubud. Les applications Grab et Gojek acceptent aussi le paiement en carte enregistrée, pratique pour éviter d'avoir toujours du liquide sur soi pour les courses.
Le QRIS, le système de paiement par QR code indonésien, se généralise chez les commerçants locaux, mais il est pensé pour les comptes bancaires et portefeuilles électroniques indonésiens : peu de voyageurs l'utilisent au-delà d'un séjour prolongé sur place.
Le détail qui change tout : une carte bancaire classique facture en général 2 à 3 % de frais de change hors zone euro, parfois davantage sur les cartes premium. Une carte multi-devises sans frais à l'étranger (Revolut, N26, Boursorama Ultim) supprime cette ponction sur chaque paiement, du café à la nuit d'hôtel.
Côté réseau, Visa et Mastercard passent quasi partout où la carte est acceptée. American Express est nettement plus rare, réservée à quelques hôtels haut de gamme, et impose parfois une surcharge au commerçant qu'il répercute sur l'addition. Le paiement sans contact progresse vite dans les cafés et boutiques de Canggu et Seminyak, mais gardez le réflexe code PIN : les terminaux plus anciens ne le proposent pas toujours.
04Retraits au distributeur : frais et plafonds par banque
Retirer du cash à Bali coûte en général moins cher que de passer par un bureau de change, à condition de choisir le bon distributeur. Les banques nationales appliquent un frais fixe raisonnable ; les distributeurs indépendants, souvent installés dans les minimarkets et les rues touristiques, ajoutent des frais de service qui peuvent doubler la facture.
| Distributeur | Type | Frais indicatif | Plafond | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| BCA | Banque nationale | 25 000-50 000 IDR | ≈ 10 000 000 IDR / jour | Le réseau le plus dense de l'île, distributeurs récents |
| Mandiri | Banque nationale | 25 000-40 000 IDR | ≈ 10 000 000 IDR / jour | Bonne alternative si les DAB BCA sont à sec |
| BNI | Banque nationale | 25 000-40 000 IDR | ≈ 5 000 000-10 000 000 IDR / jour | Présent dans les zones touristiques principales |
| CIMB Niaga | Banque nationale | 25 000-50 000 IDR | ≈ 5 000 000 IDR / jour | Réseau correct à Denpasar, Ubud et Canggu |
| DAB indépendants (hors banque) | Distributeur privé | 50 000-100 000 IDR, parfois plus | Variable, souvent plus bas | Frais « de service » cachés fréquents : à éviter |
Frais indicatifs constatés côté distributeur, hors frais de votre propre banque française. Vérifiez vos conditions avant de partir.
Deux réflexes limitent la casse. D'abord, retirez un montant conséquent plutôt que plusieurs petits : le frais fixe du distributeur ne bouge pas selon la somme retirée, autant l'amortir sur 1 500 000 à 3 000 000 IDR en une fois plutôt que sur trois passages. Ensuite, quand la machine propose de convertir le montant en euros avant validation (le fameux DCC, dynamic currency conversion), refusez systématiquement et choisissez « sans conversion » ou « en IDR » : le taux appliqué par le distributeur bat rarement celui de votre banque.
Réduire les frais de retrait
Revolut rembourse les frais de retrait DAB jusqu'à un certain plafond mensuel selon la formule choisie : de quoi neutraliser une bonne partie des frais listés ci-dessus.
Comparer les formules Revolut ↗05Éviter les arnaques au change
Les bureaux de change de rue à Kuta et Legian affichent parfois des taux nettement plus généreux que les banques. Le calcul tourne rarement en votre faveur : commission « de service » annoncée après coup, calculatrice qui affiche un montant puis un autre au moment de payer, ou décompte des billets accéléré pour vous faire perdre le fil.
Trois réflexes suffisent à éviter l'essentiel des pièges. Vérifiez que le comptoir affiche le logo PVA Berizin (agréé par Bank Indonesia) plutôt qu'une simple pancarte artisanale. Comparez le taux annoncé au taux réel du convertisseur avant d'entrer : un écart de plus de 5 % doit alerter. Et comptez chaque billet vous-même, lentement, devant l'employé, sans vous laisser presser.
En pratique, le plus simple est d'éviter le change en espèces : un retrait au distributeur d'une banque nationale ou un paiement par carte sans frais à l'étranger coûte le plus souvent moins cher qu'un bureau de change, même honnête, une fois toutes les commissions comptées.
Autre variante classique : le change à l'aéroport ou dans un hôtel, où le taux affiché intègre déjà une marge confortable, sans qu'aucune commission ne soit annoncée séparément. Ce n'est pas illégal, juste peu avantageux : dépannez-vous d'un petit montant si besoin en arrivant, puis basculez sur le distributeur ou la carte dès que possible pour le reste du séjour.
06Combien de cash prévoir par jour
Le montant de liquide à garder sur soi dépend surtout du style de voyage. Pour le détail complet des prix (hébergement, repas, activités), notre guide du budget voyage en Indonésie chiffre chaque poste ; voici la part qui passe concrètement en espèces.
| Profil | Cash / jour | Ce qui reste en carte |
|---|---|---|
| Routard | 500 000-650 000 IDR | Peu de choses : dortoirs et fast boats en ligne |
| Confort | 300 000-500 000 IDR | Hôtel, chauffeur à la journée, grosses activités |
| Premium | 200 000-300 000 IDR | L'essentiel : villa, restaurants, excursions privées |
Dans tous les cas, gardez toujours un fond de billets de petites coupures (2 000 à 20 000 IDR) pour les pourboires, les toilettes payantes et les petits achats de rue : les commerçants locaux peinent souvent à faire la monnaie sur un billet de 100 000 IDR le matin. Et gardez un peu de marge pour les imprévus, surtout si votre itinéraire sort de Bali vers des îles moins équipées en distributeurs.
Pour un séjour qui dépasse quelques semaines, la question du change devient une question de gestion de compte au long cours : notre section expatriation détaille les options bancaires adaptées à un budget qui s'étale sur plusieurs mois.
Mis à jour le · Taux et frais indicatifs, à vérifier avant de partir · Certains liens de cette page sont affiliés
FAQ
Questions fréquentes sur la monnaie à Bali
Quelle est la monnaie utilisée à Bali ?+
La monnaie officielle de Bali, comme dans le reste de l'Indonésie, est la roupie indonésienne (IDR, symbole Rp). C'est la seule devise ayant cours légal : tout ce qui se paie en euros ou en dollars sur l'île passe par un taux fixé par le vendeur, rarement à votre avantage face à la conversion réelle.
Peut-on payer en euros ou en dollars à Bali ?+
Rarement, et jamais à un taux avantageux. Quelques hôtels haut de gamme et opérateurs de plongée affichent leurs prix en dollars, mais le paiement final se fait en roupies au taux du jour, ou en dollars avec une conversion maison défavorable. Mieux vaut retirer ou payer directement en IDR.
Où faire le change à Bali sans se faire arnaquer ?+
Le plus sûr est le retrait au distributeur d'une banque nationale (BCA, Mandiri, BNI) ou un bureau de change agréé affichant le logo Bank Indonesia (PVA Berizin). Évitez les petits comptoirs de rue à Kuta et Legian aux taux trop généreux : la commission cachée ou le mauvais compte de billets y sont fréquents.
Comment payer à Bali : cash ou carte ?+
Les deux sont nécessaires. Le cash reste roi dans les warungs, les marchés, chez les chauffeurs indépendants et pour les droits d'entrée des temples. La carte fonctionne dans les hôtels, restaurants touristiques, supermarchés et boutiques de Seminyak, Canggu ou Ubud. Une carte sans frais à l'étranger évite la marge de change classique sur tous ces paiements.
Combien de cash prévoir par jour à Bali ?+
Comptez 500 000 à 650 000 IDR par jour en budget routard (warungs, scooter, entrées), 300 000 à 500 000 IDR par jour en budget confort si l'hôtel et les grosses dépenses passent par carte, et un fond de 200 000 à 300 000 IDR suffit en budget premium pour les pourboires et petites emplettes.
Les distributeurs sont-ils fiables à Bali ?+
Ceux des banques nationales (BCA, Mandiri, BNI, CIMB Niaga) le sont largement, avec des frais fixes raisonnables. Méfiez-vous des distributeurs indépendants, non rattachés à une banque, souvent installés dans les minimarkets ou les rues touristiques : ils appliquent des frais de service additionnels rarement annoncés à l'écran.
Faut-il une carte Revolut pour aller à Bali ?+
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est le moyen le plus simple d'éviter la double peine des frais de change (2 à 4 % chez la plupart des banques françaises) et des frais de retrait DAB. Une carte multi-devises convertit au taux réel et rembourse souvent une partie des frais de distributeur.
Pourquoi la roupie indonésienne a-t-elle autant de zéros ?+
La crise financière asiatique de 1997-1998 a fait chuter la roupie de près de 80 % face au dollar en quelques mois, et elle ne s'est jamais totalement redressée depuis. La Banque d'Indonésie discute régulièrement d'une redénomination pour retirer trois zéros, sans date fixée à ce jour.
Peut-on retirer des dollars à Bali ?+
Non, les distributeurs balinais délivrent exclusivement des roupies indonésiennes. Certains bureaux de change achètent ou vendent des dollars en espèces, mais toujours avec une marge, et les dollars ne s'utilisent nulle part pour payer directement sur l'île en dehors de quelques prestataires haut de gamme.