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Goa Gajah à Bali : visiter la grotte de l'éléphant près d'Ubud

Façade sculptée de Goa Gajah à Bali, la bouche de démon taillée dans la roche qui forme l'entrée de la grotte
Entrée
50 000 IDR (~3 €), sarong prêté
Horaires
Tous les jours, 8 h - 16 h 30
Durée
1 h de visite environ
Accès
Bedulu, 15 min à l'est d'Ubud

Une gueule de démon grande ouverte, taillée à même la roche, qui semble avaler quiconque franchit son seuil : c'est l'entrée de Goa Gajah, la grotte de l'éléphant. Ce sanctuaire du XIe siècle se cache dans un vallon verdoyant à quinze minutes d'Ubud, et sa visite se boucle en une heure.

On vient ici pour trois choses : la grotte de méditation creusée dans la falaise, les bassins de purification retrouvés en 1954, et le jardin qui descend vers la rivière au milieu des vestiges bouddhistes. Petit, mais dense en histoire.

Deux précisions avant de partir, parce qu'elles reviennent dans toutes les questions. Il n'y a aucun éléphant ici, ni ailleurs à Bali, le nom vient d'autre part. Et le site n'est pas classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, contrairement à ce qu'écrivent beaucoup de guides. On détaille les deux plus bas.

En bref

  • Entrée : 50 000 IDR (~3 €), sarong prêté gratuitement
  • Ouvert tous les jours, de 8 h à 16 h 30
  • 1 h de visite suffit pour tout voir
  • À 15 min d'Ubud, à Bedulu (est de la ville)
  • Le clou : la bouche de démon sculptée dans la roche
  • Idéal combiné avec Tirta Empul et les rizières
Façade sculptée de Goa Gajah à Bali, la bouche de démon taillée dans la roche qui forme l'entrée de la grotte

Ubud : cascade, temple et rizières, en privé ou en groupe

4,9sur 5470 avisannulation gratuite

Journée avec chauffeur privé au départ d'Ubud : Goa Gajah, Tirta Empul et les rizières de Tegallalang, itinéraire ajustable à votre rythme.

  • Prise en charge à l'hôtel
  • Chauffeur francophone possible
  • Annulation gratuite 24 h avant

01La grotte et sa bouche de démon sculptée

Statue balinaise de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, ornée d'offrandes

La façade de Goa Gajah est l'image que tout le monde retient : un visage monstrueux aux yeux exorbités, sculpté dans la roche volcanique, dont la bouche béante forme l'entrée de la grotte. Longtemps prise pour un éléphant (d'où le nom), la créature serait en réalité un démon ou une figure protectrice destinée à écarter les mauvais esprits. Les cannelures qui l'entourent évoquent la végétation et les vagues.

À l'intérieur, la grotte en forme de T reste sombre et fraîche. On y trouve trois lingams (symboles du dieu Shiva) réunis sous un même socle, et une statue de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, dans une niche latérale. Les moines hindous et bouddhistes venaient y méditer il y a près de mille ans. L'espace est minuscule : quelques minutes suffisent, mais le contraste avec la lumière du dehors marque les esprits.

  • La bouche de démon : le portail sculpté, star des photos
  • Les trois lingams de Shiva au fond de la grotte en T
  • La statue de Ganesh, à l'origine possible du nom du site
  • Les niches de méditation creusées pour les moines

02Les bassins de purification retrouvés en 1954

Bassins de purification en pierre moussue d'un temple d'eau balinais de la région d'Ubud, marches et eau claire

Devant la grotte s'étendent les bassins de purification, et leur histoire est plus courte qu'on ne le croit : ils sont restés enfouis sous la terre jusqu'aux fouilles de 1954. Personne ne soupçonnait leur existence avant qu'un archéologue néerlandais ne fasse dégager la plateforme, alors que la grotte, elle, était connue et visitée depuis des siècles.

Six statues féminines, sculptées en gardiennes tenant une jarre, déversent l'eau d'une source sacrée dans deux bassins de pierre. La séparation servait autrefois à distinguer hommes et femmes lors des ablutions. On ne s'y baigne pas : à la différence de Tirta Empul, l'eau de Goa Gajah ne se pratique pas, elle se regarde. C'est le second grand point photo du site, et le meilleur endroit pour comprendre à quoi ressemblait un sanctuaire d'eau avant l'ère des files d'attente.

Un détail qui échappe à la plupart des visiteurs : plusieurs statues sont incomplètes ou recomposées, les fragments retrouvés en 1954 ayant été remontés comme un puzzle. Regardez les lignes de reprise sur la pierre, elles racontent le travail de restauration autant que la sculpture d'origine.

03Le jardin, la rivière Petanu et les vestiges bouddhistes

La partie que presque personne ne fait, et de loin la plus agréable. En redescendant le jardin vers la rivière Petanu, un escalier de pierre s'enfonce sous une canopée de banians et de fougères géantes. En bas attendent des vestiges bouddhistes plus anciens que la grotte hindoue : fragments de stupas taillés dans le roc, socles de statues, blocs sculptés que la mousse dévore.

Ces restes rappellent que Goa Gajah n'est pas un temple hindou au sens habituel, mais un site à double couche. Des moines bouddhistes ont occupé le vallon avant que le sanctuaire shivaïte de la grotte ne s'installe au XIe siècle. Les deux traditions ont cohabité sur quelques centaines de mètres carrés, ce qui reste rare à Bali.

Comptez dix minutes de descente et autant pour remonter, avec des marches irrégulières et souvent humides. C'est aussi la seule zone vraiment fraîche et silencieuse du site, celle où l'on entend la rivière plutôt que les cars. Si vous n'avez qu'un quart d'heure devant vous, sacrifiez plutôt le passage à la boutique.

04Pourquoi « grotte de l'éléphant » alors qu'il n'y a pas d'éléphants à Bali

La question revient sans arrêt, et la réponse est nette : Bali n'a jamais eu d'éléphants sauvages. L'éléphant d'Asie vit à Sumatra et à Bornéo, jamais sur cette île. Les quelques éléphants visibles dans les parcs balinais ont tous été importés de Sumatra, souvent dans des conditions que nous ne recommandons pas de cautionner par une visite payante.

Le nom vient donc d'ailleurs, et deux hypothèses tiennent la route. La première : la statue de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, logée dans une niche de la grotte, aurait donné son surnom au site. La seconde, plus solide pour les historiens : un texte javanais du XIVe siècle, le Negarakertagama, mentionne un lieu nommé Lwa Gajah, littéralement « rivière de l'éléphant », qui désignerait le vallon et son cours d'eau.

Quant au visage sculpté à l'entrée, ce n'est pas un éléphant non plus. Les oreilles décollées et les yeux exorbités ont longtemps trompé les premiers visiteurs occidentaux, mais il s'agit d'une figure démoniaque protectrice, chargée d'écarter les mauvais esprits du seuil. Approchez-vous : ce que l'on prend pour une trompe est en fait un ensemble de volutes évoquant la végétation et les vagues.

05Goa Gajah et l'UNESCO : ce que dit vraiment le classement

Beaucoup de guides francophones annoncent Goa Gajah « classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995 ». C'est inexact. Le site figure sur la liste indicative de l'Indonésie depuis 1995, c'est-à-dire l'inventaire des biens qu'un État envisage de proposer un jour. Il n'a jamais été inscrit.

La nuance n'est pas qu'administrative. Une inscription impose un plan de gestion, une zone tampon et un suivi international. Rien de tout cela ne s'applique ici, ce qui explique en partie la pression touristique sur un espace aussi réduit et l'absence de régulation des flux en milieu de journée. À Bali, le seul bien réellement inscrit au patrimoine mondial est le système d'irrigation subak, dont relèvent les rizières de Jatiluwih.

06Prix, horaires, tenue et durée de la visite

L'entrée coûte 50 000 IDR (environ 3 €), sarong prêté gratuitement à l'accueil. Le site ouvre tous les jours de 8 h à 16 h 30. Comme dans tous les temples balinais, épaules couvertes et sarong noué autour de la taille sont obligatoires, y compris par-dessus un short ou une jupe. Prévoyez une heure de visite, un peu plus si vous descendez jusqu'à la rivière.

Goa Gajah se trouve à Bedulu, à 15 minutes en scooter ou en voiture à l'est d'Ubud. Le parking est payant et modeste, quelques milliers de roupies. À l'arrivée, vous traverserez une allée de boutiques et de vendeurs de sarongs : le sarong est fourni avec le billet, vous n'avez rien à acheter avant l'entrée. Voici l'essentiel à retenir avant de partir :

  • Venez à l'ouverture (8 h) : lumière douce, grotte sans la foule, vallon encore frais.
  • Gardez de la monnaie : petites donations, parking et guides locaux se paient en espèces.
  • Prévoyez de l'eau et des chaussures fermées pour l'escalier qui descend vers la rivière.
  • Évitez le milieu de journée : les cars remplissent vite l'esplanade d'entrée.
  • Un guide n'est pas obligatoire mais donne du sens aux sculptures, comptez 100 000 IDR pour le tour.

07Combiner Goa Gajah avec Tirta Empul, Yeh Pulu et les rizières

Bain de purification sous les fontaines sacrées d'un temple d'eau balinais près d'Ubud

Goa Gajah se visite rarement seul : sa vraie force est de s'intégrer dans une demi-journée culturelle au départ d'Ubud. L'enchaînement classique commence par Goa Gajah à l'ouverture, remonte vers le temple d'eau de Tirta Empul pour le bain de purification, puis finit devant les rizières de Tegallalang en fin de matinée.

Un arrêt manque à presque tous les circuits organisés : Yeh Pulu, à un kilomètre et demi de là. Ce bas-relief de vingt-cinq mètres, taillé dans une falaise au bout d'un sentier entre les rizières, raconte des scènes de vie et de chasse du XIVe siècle. L'entrée est symbolique, on y croise trois personnes, et le contraste avec la foule de Goa Gajah rend l'étape d'autant plus agréable.

Si vous cherchez plutôt les singes, inutile d'aller loin : la forêt sacrée d'Ubud se trouve à une quinzaine de minutes de route et se combine très bien avec Goa Gajah dans la même matinée. Attention en revanche aux macaques qui rôdent parfois sur le parking du site, ils s'intéressent aux sacs et aux bouteilles.

Avec un chauffeur à la journée (45 à 60 € pour le véhicule), cette boucle se fait sans stress et sans négocier chaque trajet. Si vous voulez pousser plus loin la découverte spirituelle de l'île, notre guide des temples incontournables de Bali détaille Besakih, Uluwatu et les autres sanctuaires majeurs à ajouter selon le temps dont vous disposez.

Goa Gajah face aux autres étapes d'Ubud

SiteEntréeDuréeL'intérêt principal
Goa Gajah50 000 IDR~1 hGrotte sculptée et bassins, visite courte et facile
Tirta Empul75 000 IDR1 à 2 hBain de purification sacré ouvert aux visiteurs
Rizières de Tegallalang25 000 IDR1 à 2 hTerrasses en escalier, balançoires et cafés perchés
Yeh Pulu15 000 IDR~30 minBas-relief du XIVe siècle, presque désert, à 1,5 km

Tarifs indicatifs 2026, hors donations et parking. Les quatre sites s'enchaînent facilement en une demi-journée depuis Ubud.

FAQ · Bali

Questions fréquentes : Goa Gajah à Bali : visiter la grotte de l'éléphant près d'Ubud

Quel est le prix d'entrée à Goa Gajah ?+

L'entrée coûte 50 000 IDR, soit environ 3 €. Le sarong obligatoire est prêté gratuitement à l'accueil. Le site est ouvert tous les jours de 8 h à 16 h 30.

Que signifie Goa Gajah ?+

Goa Gajah veut dire « grotte de l'éléphant » en indonésien. Le nom viendrait soit de la statue de Ganesh (le dieu à tête d'éléphant) à l'intérieur de la grotte, soit de l'ancienne rivière Elo qui coulait à proximité. La créature sculptée à l'entrée n'est d'ailleurs pas un éléphant mais un démon protecteur.

Quelle est l'histoire de Goa Gajah ?+

La grotte de méditation date du XIe siècle et servait aux moines hindous, avec ses lingams de Shiva et sa statue de Ganesh. Le site mêle en réalité influences hindoue et bouddhiste : plus bas dans le jardin subsistent des vestiges bouddhistes plus anciens. Les bassins de purification devant la grotte n'ont été redécouverts qu'en 1954.

Combien de temps faut-il pour visiter Goa Gajah ?+

Comptez environ une heure. La grotte elle-même se visite en quelques minutes, l'essentiel du temps se passe dans les bassins et le jardin qui descend vers la rivière. C'est une visite courte, idéale à combiner avec Tirta Empul et les rizières de Tegallalang sur une demi-journée depuis Ubud.

Faut-il un guide pour visiter Goa Gajah ?+

Non, la visite se fait très bien seul et le site est petit. Des guides locaux proposent leurs services à l'entrée pour raconter l'histoire de la grotte et des sculptures, ce qui donne du sens à la visite, mais ce n'est pas indispensable. Prévoyez simplement de la monnaie si vous acceptez, comptez autour de 100 000 IDR pour le tour.

Y a-t-il des éléphants à Goa Gajah ou ailleurs à Bali ?+

Non. Bali n'a jamais abrité d'éléphants sauvages, l'espèce vit à Sumatra et à Bornéo. Les éléphants présentés dans les parcs balinais ont été importés de Sumatra, dans des conditions que nous ne recommandons pas d'encourager. Le nom du site vient soit de la statue de Ganesh dans la grotte, soit du toponyme Lwa Gajah, la rivière de l'éléphant, mentionné dans un texte javanais du XIVe siècle.

Goa Gajah est-il classé au patrimoine mondial de l'UNESCO ?+

Non, malgré ce qu'affirment beaucoup de guides. Le site est inscrit sur la liste indicative de l'Indonésie depuis 1995, qui recense les biens qu'un État pourrait proposer un jour, mais il n'a jamais été inscrit au patrimoine mondial. À Bali, seul le système d'irrigation subak, dont relèvent les rizières de Jatiluwih, bénéficie d'un vrai classement UNESCO.

Où voir des singes près de Goa Gajah ?+

La forêt sacrée des singes d'Ubud est à une quinzaine de minutes de route, ce qui en fait la combinaison la plus simple sur une même matinée. Des macaques traînent aussi parfois autour du parking de Goa Gajah : gardez sacs, lunettes et bouteilles hors de portée, ils sont habitués aux visiteurs et rapides.

Quel est le temple le plus sacré de Bali ?+

Besakih, le temple mère, accroché aux pentes du mont Agung. C'est le plus vaste et le plus important de l'île pour les Balinais, très loin devant Goa Gajah qui reste un sanctuaire modeste malgré sa notoriété touristique. Tirta Empul et Uluwatu complètent le trio des sanctuaires majeurs.

Goa Gajah vaut-il vraiment le détour ?+

Oui si vous êtes déjà du côté d'Ubud, non si cela vous impose une heure de route depuis le sud. Le site est petit, se visite en une heure et coûte 3 €, ce qui en fait une excellente première étape de demi-journée avant Tirta Empul et les rizières. Ceux qui en ressortent déçus sont en général venus en milieu de journée, quand les cars saturent l'esplanade.