La rivière Sekonyer : nasiques, calaos et lucioles au fil de l'eau

- Nasiques
- 16 h 30-17 h 30 sur les berges
- Lucioles
- Après le dîner, moteur coupé
- Baignade
- Interdite (crocodiles)
- À prévoir
- Jumelles, lampe rouge si possible
Les orangs-outans volent la vedette, mais la Sekonyer elle-même est un théâtre permanent : singes nasiques vautrés dans les arbres comme des pachas, calaos qui traversent en battant l'air lourdement, yeux de crocodiles au ras de l'eau brune, et la nuit, des arbres entiers qui clignotent de lucioles.
Tout s'observe depuis le pont du klotok, thé à la main. Petit bestiaire horaire de la rivière, pour ne rien manquer.
01Fin d'après-midi : l'heure des nasiques
Vers 16 h 30-17 h 30, les singes nasiques (proboscis) rejoignent les arbres des berges pour la nuit : harems entiers installés aux premières loges, mâles au nez burlesque et au ventre de notable, jeunes qui se jettent d'une branche à l'autre avec un sens du spectacle consommé.
Endémiques de Bornéo et excellents nageurs (ils plongent volontiers pour traverser), les nasiques se laissent observer aux jumelles à vingt mètres : demandez au capitaine de couper le moteur et de dériver le long des berges, c'est la procédure maison des bons équipages.
02En journée : calaos, macaques et crocodiles
Les calaos rhinocéros et bicornes traversent la rivière par couples, casque ivoire en figure de proue : leur vol bruyant s'entend avant de se voir. Martins-pêcheurs, aigrettes et serpentaires complètent la liste des oiseaux faciles ; les passionnés ajouteront le rare calao à casque rond, en sursis à cause du braconnage.
Côté reptiles, les crocodiles marins et les faux-gavials se montrent au ras de l'eau, surtout en aval : c'est la raison pour laquelle on ne se baigne jamais dans la Sekonyer, malgré la chaleur et l'exemple (trompeur) de quelques équipages. Les macaques à longue queue, eux, patrouillent partout, y compris près des pontons : sacs fermés.
03La nuit : lucioles et ciel de jungle
Après le dîner, certains arbres des berges s'allument : des colonies de lucioles y pulsent en silence, parfois de façon quasi synchronisée, en guirlandes vivantes que le bateau frôle moteur coupé. Avec la voie lactée au-dessus de la canopée et le concert des grenouilles, c'est l'un des grands moments de la croisière.
Demandez la sortie lucioles à votre guide dès le premier soir (elle dépend des mouillages) et éteignez lampes et écrans le temps de l'approche : l'obscurité totale fait toute la différence. Les chouettes pêcheuses et les tarsiers, eux, récompensent parfois les insomniaques aux jumelles.
FAQ · Kalimantan
Questions fréquentes
Faut-il des jumelles ?+
Une paire 8x42 transforme la croisière : nasiques, calaos et rapaces se tiennent souvent à 20-50 mètres. Certains klotoks en prêtent, mais rien ne vaut les siennes.
Les crocodiles sont-ils un danger pour la croisière ?+
Aucun à bord : les incidents historiques concernent des baignades. La règle est simple et suffisante : tout le monde reste sur le bateau et les pontons.
Peut-on voir des animaux en saison des pluies ?+
Oui, la faune ne part pas en vacances : nasiques et oiseaux restent fidèles aux berges. Les averses raccourcissent simplement les fenêtres d'observation et gonflent la rivière.

